Après le survol, le temps des découvertes


Vous l’avez certainement suivie, la sonde New Horizons a atteint son objectif alors que c’était la fête nationale en France.

Cette sonde est passée comme prévu au plus proche de Pluton avant de poursuivre sa route dans la ceinture de Kuiper.

Elle nous avait déjà surpris au 13 juillet en envoyant cette photographie de Pluton dont la couleur a été restituée son intégralité:

P_LORRI_FULLFRAME_COLOR

Crédit: NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Southwest Research Institute

Une véritable prouesse technique

Cette image a été prise avant le survol rapproché du 14 juillet 2015 à 768000 km de Pluton. Elle nous montre une surface couleur ocre à l’image de Mars mais en plus clair. L’élément marquant sur cet image est cette zone centrale, appelée « coeur » mesurant environ 1600 km de diamètre. La surface paraît relativement lisse et dénuée de tout cratère d’impact ce qui pencherait en faveur d’une formation relativement récente voire actuelle. Les zones sombres sont quant à elles plus complexes et nécessitent une analyse approfondie.

La distance entre la Terre et la sonde étant très importante, les données sont collectées au compte-goutte depuis mardi. Il a par exemple fallu attendre 4 heures avant de recevoir la confirmation du bon état de la sonde après le survol…

C’est ainsi qu’hier 15 juillet 2015, en préambule de sa conférence de presse, la NASA présentait l’image ci-dessous:

nh-hydra_1_0

Crédit: NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Southwest Research Institute

Peut-être poserez vous la question, mais de quoi s’agit-il? Quel est ce « truc du ciel »?… Il s’agit tout simplement de la première image envoyée par New Horizons de la lune Hydre de Pluton. Même si de meilleures images arriveront par la suite, soyez indulgents! Ce petit corps, ne mesure qu’environ 43km x 33 km. Nous n’avions jusque là aucune image et ne connaissions même pas sa taille. Sa découverte date d’ailleurs de 2005… La luminosité de ce corps a été revu à la hausse ce qui permet de penser qu’il pourrait être majoritairement composé de glace d’eau.

Et une pour Charon

Et ensuite vient le tour de Charon, lune principale de Pluton imagée également le 14 juillet 2015:

nh-charon

Crédit: NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Southwest Research Institute

Lorsque New Horizons a pris cette photographie, elle se trouvait alors à 466 000km de sa surface. Là aussi les surprises sont nombreuses. La lune présente tout d’abord une ceinture centrale très marquée avec une longue bande de falaises et de crevasses. Elle montre aussi (en haut à droite) un énorme canyon de 7 à 9km de profondeur.

Ce qui marque surtout les scientifiques est l’absence assez généralisée de cratères d’impact, signe d’une surface géologiquement jeune. La surface est également plus complexe que prévue (beaucoup de formations différentes). Toutes ces observations mènent à penser que le corps est encore en activité ou l’était il y a encore peu de temps. Sa calotte polaire est quant à elle très sombre. L’hypothèse principale est qu’un matériau sombre s’y est déposé sans en connaître pour l’instant l’origine ni la nature précise.

En ce qui concerne Pluton, le survol rapproché permet d’obtenir des vues détaillées de certaines zones dont en voici une:

nh-pluto-surface-scale

Crédit: NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Southwest Research Institute

Cette zone permet d’observer  une zone particulièrement montagneuse. Les montagnes ainsi visibles culminent pour certaines à plus de 3500m d’altitude ce qui est énorme compte-tenu de la taille de Pluton. Il s’agit vraisemblablement de montagnes de glace. Les scientifiques estiment leur âge à environ 100 millions d’années ce qui est très jeune par rapport à l’âge de Pluton (4.5 milliards d’années). Ainsi, ces montagnes auraient vu le jour très récemment et évolueraient peut-être encore.

 

Et après?

En conclusion, les premières images transmises par New Horizons nous conduisent à observer des surface remodelées, relativement jeunes que ce soit pour Pluton ou sa principale lune. La question de son origine est donc maintenant clairement posée. Comment des mondes, aussi isolés peuvent connaître une activité régulière et quelle en est la nature ? Continuons à suivre cette aventure, des nombreuses données vont maintenant nous parvenir et nous permettre de répondre à plusieurs questions.

 

Cet article vous plaît ? Partagez-le !

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *