Exomars 2016 se rapproche de Mars

Partie depuis le 14 mars 2016, la sonde Exomars 2016 a entamé plusieurs manœuvres visant à ajuster sa vitesse et sa trajectoire en vue de son arrivée le 19 octobre 2016.

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Vue d’ensemble de l’orbiteur (TGO pour Trace Gas Orbiter) et du module de descente Schiaparelli Crédits : ESA/ATG medialab

Des manœuvres importantes

Une manœuvre visant à corriger la trajectoire de la sonde est prévue pour ce jeudi 28 juillet. Cette dernière permettra de placer l’orbiteur et le module de descente sur la trajectoire de Mars. Vous vous posez une question n’est-ce pas?! Pourquoi l’ensemble n’a pas été dirigé dès le début en direction de la planète Mars?!

La réponse est que les missions planétaires se l’interdisent. En effet, si un dysfonctionnement apparaissait, la sonde pourrait venir s’écraser sur la planète. Il pourrait alors se produire une contamination de la zone proche du crash. Ainsi, par précaution, les trajectoires de collision ne sont pas retenues pour le lancement. Cette règle s’applique d’ailleurs à tout corps (planète ou lune) se situant dans la zone d’habitabilité ou suspecté d’abriter une forme de vie.

Que va-t-il se passer ?

On sait que la sonde va bien. Elle répond parfaitement depuis son lancement et l’on est capable de mesurer précisément sa vitesse. Aussi, les moteurs de l’orbiteur ont pu être testé le 21 juillet. Le test consistait à accélérer Exomars 2016 d’un mètre par seconde, ce qui a fonctionné. Tout est donc prêt pour assurer les nouvelles manœuvres à distance.

Il va s’agir d’accélérer la vitesse d’Exomars 2016 afin de ne pas avoir à le faire au dernier moment.

Alors que l’agence spatiale européenne établissait un contact avec Exomars 2016 à raison de 3 fois par semaine, la fréquence sera désormais quotidienne.

Et après ?

De nouvelles manœuvres auront lieu en août, septembre et quelques jours avant l’arrivée en octobre. Les techniciens et ingénieurs affinent quotidiennement la position d’Exomars par rapport à leurs prévisions. L’équation est multiple, il est en effet nécessaire de:

  • préparer la séparation entre le TGO et la module Schiaparelli.
  • permettre au module d’arriver au bon endroit.
  • donner au module le bon angle pour sa descente.

Pour rappel, il s’agira d’une première pour l’Europe. L’atterrissage sur Mars n’était pour l’instant pas maîtrisé.

Puis viendra la suite avec ExoMars 2020…

Comme je l’indiquais dans mon premier article sur Exomars ici, la mission se déroule en plusieurs étapes. Si tout se passe bien cette année, un orbiteur sera présent autour de Mars et la démonstration de la capacité de l’Europe à faire atterrir un engin à la surface de Mars aura été faite.

Tout sera donc prêt pour l’envoi du rover de la mission ExoMars 2020 (finalement en même temps que celui de la NASA…)! Alors qu’il devait initialement être lancé en 2018, il profitera d’une fenêtre de tir en 2020. Il aura pour objectif de rechercher des traces de vie passées.

Le site d’atterrissage est maintenant connu, il s’agit d’Oxia Planum. Tout d’abord, ce site est peu accidenté ce qui permet de minimiser la casse à l’arrivée. Il est idéalement placé non loin de l’équateur pour fournir un accès constant à la précieuse énergie solaire. Ce site est une plaine à l’embouchure de Coogoon Valles. Il y a de fortes chances pour que cet endroit fut jadis une mer ou un lac d’eau liquide recouvert de lave. Avec la possibilité d’effectuer des forages de 2 mètres de profondeur, le rover aura donc la faculté de détecter des éléments ayant été protégé sous la lave (risque des UV et rayonnements cosmiques). La zone est de plus argileuse. Cet argile, signe de la stagnation d’eau liquide pendant une longue période pourrait avoir emprisonné divers éléments chimiques qui permettraient de reconstruire la passé de la planète rouge.

Je vous propose de jeter un coup d’œil à cette vidéo décrivant les critères de sélection du site par des chercheurs français:

Ainsi, les scientifiques estiment que si de la vie a pu apparaître un jour sur Mars, elle était probablement présente au niveau de ce site. Des indices devraient donc être présents en surface ou dans le sous-sol martien. En attendant, voici un petit lien qui vous permettra de vous balader à la surface de Mars grâce à l’assemblage de nombreuses cartographies d’excellente résolution. Vous découvrirez notamment Oxia Planum: WhereOnMars.

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