ExoMars : qu’est-il arrivé à Schiaparelli ?


Le module d’atterrissage d’ExoMars 2016 s’est finalement crashé le 19 octobre 2016.

Tout se déroulait pourtant correctement, comme je vous l’avais annoncé dans mon dernier article sur le sujet : article du 16 octobre. Que s’est-il passé? Quelle est la suite pour le programme ExoMars?

schiaparelli

Une descente engagée, puis … rien

Comme beaucoup, j’ai suivi l’aventure de Schiaparelli derrière mon smartphone grâce à Twitter. Et l’attente a été longue, très longue! Finalement, pour moi comme pour les équipes de l’ESA l’attente a duré près de 48 heures.

A la fin de la journée du 19 octobre, le responsable de Schiaparelli  à l’ESA annonçait “L’atterrisseur a touché le sol, c’est sûr”. Et c’est bien tout ce qui était connu!

L’inquiétude était a priori perceptible à Darmstadt est c’est bien compréhensible. Dans un premier temps, les ingénieurs ont cru à un problème de communication. Rapidement, les premières données reçues et les signaux associés ont apporté leur lot d’inquiétudes.

Schiaparelli : avis de décès confirmé

Finalement, 3 jours plus tard, l’ESA confirmait que le démonstrateur s’était effectivement crashé. Pour preuve, la sonde américaine Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) a pris des clichés de la zone qui ne laissent aucun doute:

schiaparelli_crash

En haut, on voit en vert la zone de recherche du crash. L’image en bas à gauche a été prise en mai. A sa droite, le même cliché au 20 octobre avec 2 tâches : vraisemblablement le parachute et le module Crédits : Crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS, Arizona State University

 

La sonde MRO, pour détecter la zone du crash a étudié des clichés lors du survol de Meridiani Planum et comparé avec d’autres clichés du mois de mai. Plusieurs points apparaissent. On voit sur ces images un point lumineux qui correspondrait au parachute et un point sombre pour la zone d’impact de Schiaparelli.

Quelques jours plus tard, la zone a de nouveau été survolée par MRO qui a pu prendre des images à plus haute résolution. Cette fois-ci, un nouveau point noir apparaît qui pourrait bien être les restes du bouclier thermique:

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Photo prise par MRO avec sa caméra haute résolution HIRISE Crédits : NASA / JPL / UA

Toutes ces prises d’images ne laissent donc pas de place au doute. Il y a eu un problème lors de la descente qui a conduit à un crash.

A-t-on une explication?

Non, pas complètement ! Pour répondre à cette question, j’ai tout d’abord attendu de nombreux jours avant de rédiger cet article ! En effet, il n’est jamais bon de réagir en direct surtout lorsqu’on manque d’informations et d’analyses. A ce jour, tout le scénario n’a pas encore été reconstruit mais les grandes lignes sont connues. Voici les éléments qui sont connus à ce jour:

  • le 19 octobre à 14h42 GMT, le démonstrateur est entré dans l’atmosphère de Mars comme prévu.
  • après 6 minutes de descente, peu avant de toucher le sol, le contact a été perdu.
  • le bouclier thermique s’est éjecté trop tôt.
  • les rétrofusées n’ont fonctionné que 3 secondes, au lieu des 30 prévues.
  • l’analyse des différentes données tend à confirmer que le module aurait fini en chute libre depuis 2 à 4 km du sol. L’impact a donc été fatal à une vitesse proche de 300km/h.
  • l’orbiteur TGO a enregistré beaucoup de données. Les analyses prennent donc du temps car il y a de nombreuses hypothèses et il faut toutes les corréler aux données reçues.

A ce jour, lorsqu’on réfléchit aux circonstances de la descente, on a l’impression que le module a mal estimé son altitude. Était-ce une erreur de calcul? Une défaillance de l’altimètre ou alors des informations contradictoires? L’avenir nous le dira, c’est certain.

TGO va démarrer sa mission

Par contre, ExoMars 2016 n’est pas pour autant un échec. Certes Schiaparelli s’est crashé mais TGO va bien. Il est actuellement en orbite autour de Mars et en fait le tour en 4.2 jours. Ce dernier va entrer dans sa phase de préparation avec une série d’étalonnages pour le mois de novembre.

Il entrera pleinement en fonction au mois de mars 2017 avec 2 objectifs:

  • fournir une antenne relais de télécommunications pour ExoMars 2020.
  • étudier l’atmosphère de Mars.

ExoMars, ça continue

Certes, tout n’est pas expliqué pour l’instant mais l’ESA confirme la poursuite de la mission.  Comme je le disais précédemment, ExoMars 2016 est à la fois un échec et un succès. Même si Schiaparelli semble avoir explosé au sol, le module a toutefois réussi son entrée dans l’atmosphère. De même, la zone de crash est très proche de la zone prévue d’atterrissage ce qui tend à prouver que le système de guidage est bon.

N’oublions pas également qu’il s’agissait d’un démonstrateur d’entrée, de descente et d’atterrissage. Seule la troisième phase a échoué.

Enfin le module d’atterrissage sera fourni par l’agence spatiale russe. Sa conception sera donc différente et d’ici là, des corrections pourront (si besoin) être apportées sur la base de l’étude basée sur Schiaparelli.

 

 

 

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