Mort d’André Brahic : une nouvelle étoile a rejoint la voûte céleste


La disparition d’André Brahic remonte maintenant presque à un mois (15 mai 2016).

Ayant été marqué par l’événement et souhaitant lui rendre hommage à ma manière, j’ai voulu prendre le temps nécessaire pour rédiger cet article. Découvrez qui était cet homme et en quoi (comme tant d’autres) je l’admirais.

andre-brahic

André Brahic avait une bonne humeur communicative et exerçait son métier avec talent et passion

Maintenant que vous avez vu la photographie ci-dessus, je suis persuadé que vous voyez de qui je vais parler dans cet article. En effet, même si vous n’êtes pas un habitué des cercles scientifiques, son visage vous dit sûrement quelque chose. André Brahic était en effet connu/reconnu et pour moi (comme pour beaucoup d’astronomes amateurs) un modèle, une source d’inspiration.

Cet astrophysicien français et fervent défenseur de la conquête spatiale, spécialiste du système solaire était un pédagogue talentueux qui débordait d’énergie.

Ses découvertes au sein du système solaire

André Brahic est né en 1942 au sein d’une famille modeste. Très tôt (dès ses 6 ans a priori), il sa fascine pour les étoiles puis d’une manière générale pour le ciel.

A l’origine, André Brahic suivait les cours de l’astrophysicien Evry Schatzman. Ce dernier renforce sa passion pour le ciel et facilite son arrivée à un poste d’enseignant chercheur. Il rencontra également Michel Hénon (son deuxième « parrain ») avec lequel il apprend la rigueur.

Il commence tout d’abord par étudier le mécanisme de collision des nuages de poussière et de gaz au sein des galaxies en formation.

Il a alors l’intuition que les modèles sur lesquels il travaille peuvent aussi s’appliquer aux anneaux de Saturne. Il va en devenir le spécialiste. Il travaille alors sur les images de la sonde Voyager puis participe à la mission Cassini en 1997 (toujours en activité).

Dans les années 80, il participe à un programme qui aboutira à la découverte des anneaux de Neptune. Chacun de ces anneaux portera le nom d’un scientifique ayant étudié la planète : Galle, Le Verrier, Lassell, Arago, Adams. Ce dernier est cependant discontinu et découpé en 3 arcs.

Très inspiré, André Brahic baptisa chaque arc du cinquième anneau de Neptune : « Liberté » « Egalité » « Fraternité ».

Plus tard, un dernier arc fut découvert et nommé « Courage ». Une fois de plus, c’est un choix astucieux car il s’agit évidemment d’une belle valeur humaine mais aussi de la première lettre du prénom de sa collaboratrice – Cécile – à l’origine de la découverte…

Il devient ensuite astrophysicien au CEA et professeur à l’université Paris VII – Diderot. Il prend la direction du laboratoire Gamma-gravitation. Complètement fou de sciences, il n’aimait guère « la paperasse » et militait fortement pour la simplification des démarches administratives dans les instituts de recherche.

En 1990, un astéroïde (3488), fut baptisé Brahic en son honneur.

Une vie de scientifique dédiée au partage et dans la bonne humeur!

Fort de sa notoriété, André Brahic se rendait toujours disponible pour la radio ou des émissions télévisées. Son agenda était surchargé et les journalistes le savaient. La journée commençait tôt et finissait souvent bien tard. Il était extrêmement attaché à la diffusion des connaissances. Toujours dans le style d’humour qui le représentait, il avait déclaré envisager une candidature à l’élection présidentielle en 2027 (car il aurait enfin le temps…) sur le thème « Culture, Recherche, Education ». Bien évidemment, il aurait réalisé ce projet à la suite de l’envoi d’une sonde qu’il aurait rêvé envoyer en direction de Neptune!..

Une incroyable leçon de vie à chaque intervention

André Brahic était un incroyable optimiste et développait une réelle espérance envers l’Humanité (avec un grand « H »). Il n’appréciait guère les « homo tristus » ou « jamais contents ». Il voyait effectivement toujours le verre à moitié plein et déclarait : « Moi je plaide pour les homo rigolus, moins nombreux et beaucoup plus utiles ». Écoutez-le bien dans l’émission suivante, son enthousiasme était contagieux:

André Brahic était véritablement conscient que nous vivons une époque exceptionnelle et notamment en France. Selon lui, notre qualité de vie est excellente, la médecine a fait d’énorme progrès et nous commençons à disposer de toutes les technologies nous permettant de donner des éléments de réponse aux questions essentielles que nous nous posons depuis plusieurs siècles: qui somme-nous? d’où venons-nous ? où allons-nous?

Une vie ailleurs?

Il y a un an, André Brahic avait publié un livre intitulé « Terres d’ailleurs ». Quand on l’interrogeait sur la possibilité d’une existence d’une vie extraterrestre, il se montrait confiant. Selon lui, un prérequis serait la découverte d’une véritable exoterre, planète à l’image de la nôtre. Et il était confiant dans les technologies qui se développeraient alors pour détecter une signature de vie à distance sur les décennies à venir.

Je n’ai personnellement pas lu cet ouvrage mais les extraits que j’en ai lu m’ont donné l’envie de me lancer dans cette lecture. Peut-être qu’entre 2 articles, je prendrai le temps nécessaire et vous ferai part de ma lecture.

Un pédagogue exceptionnel et des citations à retenir

Vous l’aurez compris, André Brahic était un orateur hors pair qui savait transmettre sa passion pour les sciences. Suite à sa disparition, François Hollande déclarait dans un communiqué qu’il était un grand savant « qui savait rendre simples les mystères du ciel ». De même il indiquait que la France « perd un scientifique prodigieux et joyeux dont le seul projet était de faire partager sa passion au plus grand nombre ». Bref, par ce style très personnel, André Brahic a su marquer son époque.

Auteur de plusieurs œuvres de vulgarisation, il se déplaçait de conférence en conférence avec toujours la même énergie. Voici quelques citations dont il est l’auteur et que je retiens:

« Nous sommes des Christophe Colomb qui découvrons des terres nouvelles là où nous ne connaissions que de petits points de lumière dans le ciel. »

« L’humanité est un grain de poussière sur un grain de poussière un peu plus gros. Nous essayons de comprendre ce qu’est cet univers mais nous arrivons tard et depuis si peu de temps que nous ne pouvons avoir tout compris. Il reste à la science un immense travail à accomplir. »

« Un de mes combats : la lutte contre les homos tristus en faveur des homos rigolus, moins nombreux mais plus utiles »

Hyperactif, il se déclarait « contre la retraite » sur son style humoristique habituel. C’est finalement la maladie qui l’aura emporté.

 

Cet article vous plaît ? Partagez-le !

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *