Flash Iridium : une observation facile et spectaculaire


Actuellement en vacances avec un groupe d’amis dans le parc naturel régional du Morvan, j’en profite rédiger un article sur un des phénomènes du ciel les plus accessibles aux débutants mais également les plus spectaculaires.

Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un événement naturel mais complètement artificiel : je vous propose l’observation et la photographie d’un flash Iridium…

photo de flash iridium

Image capturée montrant le passage d’un satellite dans la partie supérieure et d’un satellite Iridium provoquant le flash – histoire d’une réflexion d’un satellite pas comme les autres qui aime se montrer… Les conditions d’acquisition sont décrites dans l’article un peu plus bas

Qu’appelle-t-on un flash Iridium (ou Iridium Flare) ?

La meilleure définition que je pourrais donner sur ce que l’on appelle le » flash Iridium » est la suivante : c’est comme une étoile filante très lumineuse au ralenti!

Lorsque j’ai effectué ma première observation, je ne m’attendais pas du tout à ce phénomène. Je m’apprêtais plutôt à observer un « flash » extrêmement bref en provenance de l’espace. Ma surprise fut totale!

L’impression donnée par ce type de phénomène peut effectivement s’apparenter à un flash mais pris au ralenti car ce dernier dure plusieurs secondes (environ de 5 à 20 secondes).

Lorsque l’observation est bien préparée (et donc que l’on s’attend à observer un flash dans une partie du ciel), on commence par observer un satellite ordinaire et peu à peu, sa luminosité augmente jusqu’à atteindre un maximum pouvant parfois dépasser la magnitude de -8. Voici un petit rappel des magnitudes (brillances) pour imaginer la puissance du flash Iridium:

  • Pleine Lune -12.6
  • Magnitude maximale de Vénus -4.6 (aussi appelée étoile du berger)
  • Sirius -1.5 (étoile la plus brillante du ciel)

Comme vous l’aurez compris, un flash Iridium est très facile à observer si il est bien choisi (magnitude faible). Il est ainsi possible de voir apparaître subitement un objet 30 fois plus lumineux que Vénus…

Et pourquoi Iridium ?

Il s’agit simplement du nom donné à une famille de satellites de télécommunication desservant les terminaux appelés Iridium. Initialement, 77 satellites devaient être mis en fonctionnement – 77 comme le numéro atomique de l’Iridium…

On l’appelle même la « constellation Iridium ». Elle comprend environ 90 satellites dont une trentaine non actifs de secours. Ce type de satellite permet d’accéder n’importe où à un réseau de téléphonie et à l’internet à bas débit. La réseau ainsi constitué permet de couvrir la quasi totalité du globe terrestre.

L’orbite de ces satellites est quasi polaire et s’effectue en 100 minutes à une altitude de 780 km.

Pour l’histoire, la mise en service de ce réseau a débuté à la fin de l’année 1998.

La particularité des satellites Iridium

Comme vous l’aurez compris, ces appareils se distinguent des autres satellites. En effet, compte-tenu du nombre d’engins au-dessus de notre tête, notre ciel nocturne serait parsemé de flash si tous les satellites étaient comme ces Iridium.

Les satellites Iridium comportent en fait 3 grandes antennes (1.88 m * 0.86 m) qui sont des panneaux extrêmement réfléchissants et plats. Leur disposition est telle qu’en fonction de leur position, ils réfléchissent toute la lumière en provenance du Soleil. La réflexion de la lumière du Soleil crée un point lumineux à la surface de la Terre d’un diamètre de 10 km. C’est la zone de visibilité du flash.

La situation est la même que lorsque vous tenez un miroir et tentez de rediriger la lumière du Soleil vers une autre direction. Dans notre cas, la direction nouvelle est un observateur sur Terre.

Voici pour illustration à quoi ressemble un satellite Iridium:

iridium

Satellite Iridium – 2 panneaux photovoltaïques et 3 antennes réfléchissant la lumière du Soleil en un point sur Terre Crédits : National Geographic Society 1998

Comment préparer l’observation d’un flash Iridium?

Comme le réseau est connu et que les orbites sont maîtrisées, tous les flash peuvent se prédire à l’avance.

Il existe plusieurs outils permettant de lister les flash Iridium se produisant à une localisation précise. Comme je vous l’avais indiqué dans un précédent article (cliquez ici pour rappel), j’utilise l’application mobile Heavens-above. Elle est très pratique et a l’avantage de fonctionner off-line donc sans connexion aux données. Le site web permet également de consulter ces informations, il se situe : ici.

Pour le tutoriel, rien de plus simple, le voici:

  1. Lancez l’application Heavens-above sur votre mobile
  2. Dans le menu princpal, choisissez « Iridium flares »
  3. La liste des prochains flash s’affiche, sélectionnez-en un

Vous possédez maintenant toutes les informations nécessaires pour votre observation:

  • L’heure du maximum du flash (en heure locale!) ainsi que le début et la fin du phénomène
  • L’application vous indique le satellite concerné (différencié par un chiffre)
  • La trajectoire du satellite devant les constellations
  • La magnitude
  • L’élévation en degrés
  • L’orbite du satellite
  • Des informations complémentaires

L’application dispose en plus d’un petit gadget très intéressant : un petit réticule se déplace lorsque vous placez votre smartphone face à vous. Si vous n’êtes pas familier avec les constellations, il vous sera d’une grande aide!

Si vous me permettez de vous faire profiter de la modeste expérience acquise dans le domaine, voici comment sélectionner un flash dans la liste:

  • Choisissez des magnitudes inférieures ou égales à -6
  • Privilégiez des phénomènes se produisant au delà de 25°
  • Attention à vous assurer qu’il fait bien nuit. Le phénomène est également visible au crépuscule mais tellement plus impressionnant lors d’une nuit bien noire!
  • Privilégiez des nuits sans Lune
  • Assurez-vous enfin que votre ciel est bien dégagé là où le flash est prévu!

Comment photographier un flash Iridium?

Si vous m’avez bien suivi jusqu’ici, le but est d’observer et de photographier un phénomène que l’on peut considérer lent. Le mieux est donc d’effectuer une pose de longue durée avec une faible sensibilité.

L’idéal est de disposer d’un trépied et d’un dispositif de commande à distance de l’appareil photo : application mobile, télécommande filaire ou infrarouge, intervallomètre… La pose doit être lancée manuellement dès l’apparition du satellite et stoppée à sa disparition.

On obtient ainsi de cette manière une image caractéristique de flash Iridium avec une traînée droite dont la luminosité croit puis décroit:

flash-iridium

Photographie prise le 16/08/2016 – Parc du Morvan – Iridium 83 – Param photo : EOS 760D sur trépied – Exp. 72.5 secondes – 800 ISO – 26 mm – F/4.5 – MAP manuelle infini

Il y a de nombreux passages chaque jour et au moins un flash notable chaque semaine. Prenez le temps d’observer une première fois le phénomène puis de revenir un autre jour avec l’appareil photo.

A vous de jouer avec ces drôles de trucsduciel 🙂

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