Après avoir observé les cratères de la Lune, les anneaux de Saturne ou encore les satellites de Jupiter, beaucoup de débutants en astronomie ressentent la même chose : l’envie d’aller plus loin dans la découverte du ciel profond.
Et si votre prochaine cible était les amas stellaires ?
Ces regroupements d’étoiles comptent parmi les plus beaux objets à observer dans le ciel nocturne. Pourtant, les amas stellaires restent encore largement méconnus du grand public, alors qu’ils sont souvent faciles à repérer, même avec une petite lunette astronomique ou un télescope de débutant.
Contrairement à l’idée que l’on se fait souvent, les étoiles ne sont pas toujours isolées dans l’espace. Certaines sont regroupées par dizaines, centaines, voire milliers au sein de véritables familles cosmiques liées par la gravitation.
Lors de mes soirées d’observation astronomique, les amas stellaires sont souvent les objets qui provoquent les premières réactions d’émerveillement. Certains ressemblent à des bijoux célestes, d’autres à des nuages d’étoiles impossibles à compter.
Dans cet article, je vous propose de découvrir :
- ce qu’est un amas stellaire,
- les différents types d’amas,
- comment les observer,
- et quels sont les plus beaux amas stellaires visibles pour les débutants.
Bienvenue dans un nouveau terrain de jeu astronomique.

Table des matières
1. Les amas ouverts
Définition d’un amas ouvert
Les amas ouverts sont des regroupements d’étoiles relativement jeunes liées entre elles par la gravitation. Ils peuvent contenir de quelques dizaines à plusieurs milliers d’étoiles réparties dans une structure souvent irrégulière.
Contrairement aux amas globulaires, les amas ouverts ne présentent pas de forme sphérique compacte. Leur aspect rappelle davantage un essaim d’étoiles dispersées dans le ciel.
Les étoiles d’un amas ouvert possèdent un point commun essentiel : elles sont nées au même moment à partir d’un immense nuage de gaz et de poussières. On peut donc considérer qu’il s’agit de véritables “étoiles sœurs”.
En revanche, ces étoiles peuvent avoir des masses très différentes. Certaines sont massives, chaudes et très lumineuses, tandis que d’autres sont plus petites et discrètes.
Les amas ouverts se forment principalement dans le disque de notre galaxie, la Voie Lactée. C’est pourquoi on les retrouve surtout le long de la bande lumineuse de notre galaxie visible dans le ciel nocturne.
Avec le temps, ces amas stellaires finissent progressivement par se disperser. Sous l’effet des interactions gravitationnelles avec les autres étoiles et les nuages galactiques, ils perdent peu à peu leurs membres sur plusieurs centaines de millions d’années.
Aujourd’hui, plus de 1 000 amas ouverts sont connus dans la Voie Lactée, mais les astronomes estiment qu’il pourrait en exister plusieurs dizaines de milliers.
Les amas stellaires les plus connus à observer
Les Pléiades – M45
S’il existe un amas stellaire que presque tout le monde a déjà observé sans le savoir, ce sont bien les Pléiades.
Situé dans la constellation du Taureau, cet amas ouvert est visible à l’œil nu durant les longues nuits d’hiver. Même sous un ciel imparfait ou légèrement pollué par les lumières urbaines, les Pléiades restent facilement repérables.
À l’œil nu, on distingue généralement 6 à 7 étoiles brillantes. Sous un excellent ciel, certaines personnes parviennent même à en voir davantage.
Les Pléiades sont souvent surnommées “les Sept Sœurs”. Elles constituent d’ailleurs l’un des plus beaux objets du ciel pour débuter en astronomie.

Leur repérage est relativement simple. Commencez par identifier la célèbre ceinture d’Orion, facilement reconnaissable grâce à son alignement de trois étoiles brillantes. En prolongeant cette ligne vers le haut, vous rencontrerez d’abord Aldébaran, l’étoile rouge du Taureau, puis un petit groupe d’étoiles très resserrées : les Pléiades.

Au télescope ou dans une petite lunette astronomique, l’effet est magnifique. Les étoiles bleutées semblent littéralement flotter dans le ciel.
Cet amas ouvert est âgé d’environ 100 millions d’années et se situe à plus de 400 années-lumière de la Terre. Les astrophotographies révèlent également de magnifiques nuages de poussières autour des étoiles les plus brillantes.
L’amas de la Ruche – M44
L’amas de la Ruche, également appelé amas de la Crèche, est un autre amas ouvert spectaculaire accessible aux débutants.
Visible principalement au printemps dans la constellation du Cancer, il est un peu plus discret que les Pléiades mais mérite largement qu’on prenne le temps de le rechercher.
À l’œil nu, il apparaît comme une petite tache floue sous un bon ciel. Avec des jumelles ou une lunette astronomique, il se transforme rapidement en un superbe regroupement d’étoiles.
Pour le localiser, vous pouvez utiliser les étoiles Castor et Pollux de la constellation des Gémeaux comme point de repère :

L’amas de la Ruche contiendrait plusieurs centaines d’étoiles réparties sur une dizaine d’années-lumière. Les estimations évoquent même près de 1 000 étoiles membres.
Son âge est estimé à environ 750 millions d’années.
Prenez vraiment le temps de l’observer. À faible grossissement, certains alignements et petits groupes d’étoiles apparaissent progressivement. On distingue même parfois une forme générale en “V”.
Les Hyades – MEL25
Les Hyades constituent l’un des amas ouverts les plus proches de la Terre.
Comme les Pléiades, cet amas se situe dans la constellation du Taureau et s’observe principalement durant l’hiver.

Son apparence est très particulière car il occupe une immense région du ciel. Les étoiles des Hyades dessinent directement la tête du Taureau sous la forme d’un grand “V” facilement visible à l’œil nu.
L’étoile rouge Aldébaran semble appartenir à cet amas, mais il s’agit en réalité d’un simple effet de perspective : elle est située beaucoup plus près de nous.
Les Hyades sont âgées d’environ 790 millions d’années et représentent une cible idéale pour les jumelles.
2. Les amas globulaires
Définition d’un amas globulaire
Contrairement aux amas ouverts, un amas globulaire se présente sous la forme d’une sphère parfaite, une véritable et très dense « boule d’étoiles » où des centaines de milliers, voire plusieurs millions de soleils, sont fortement liés par la gravitation.
Alors que les amas ouverts sont jeunes , les amas globulaires sont les structures les plus anciennes de l’Univers. Leurs étoiles sont de très vieilles étoiles rattachées au tout début de la formation des galaxies.
Ils sont beaucoup plus rares : on en recense environ 200 seulement dans le halo galactique de notre Voie Lactée (une sorte de sphère qui enveloppe le disque de notre galaxie). Les astronomes estiment d’ailleurs que ces amas se sont formés avant même la naissance de la Voie Lactée ! Ce phénomène n’est pas isolé, puisque des télescopes ont permis d’en détecter des milliers autour d’autres galaxies géantes comme Andromède (M31).
Les amas globulaires les plus connus à observer en astronomie
L’Amas de Pégase – M15
M15 est l’un des amas globulaires les plus denses de notre galaxie. Situé à la limite de la visibilité à l’œil nu, cet objet du ciel profond cache un secret astrophysique fascinant : son centre a subi un effondrement de cœur.

La moitié de la masse totale de l’amas est concentrée en son centre, ce qui le rend extrêmement brillant et compact au télescope. Pour les passionnés de science, sachez que M15 abrite pas moins de 9 pulsars (des étoiles à neutrons en rotation rapide).

Comment le repérer ? Le cheminement est relativement simple en automne. Repérez d’abord le grand « Carré de Pégase ». À l’aide d’une carte du ciel ou d’une application de recherche, trouvez l’étoile Enif (le nez du cheval). En prolongeant le nez de la constellation vers l’ouest, vous tomberez pile sur cette magnifique boule de lumière.
L’Amas d’Hercule – M13
C’est incontestablement le plus bel amas globulaire du ciel boréal. Regroupant près d’un million d’étoiles, M13 est une cible incontournable pour tous les astronomes amateurs, particulièrement durant les belles nuits d’été.
- Comment l’observer ? Accessible à l’œil nu sous un ciel parfaitement noir, il se révèle sans problème dans une simple paire de jumelles sous la forme d’une petite tache floue et cotonneuse.
- Au télescope : Dès que l’on utilise un petit télescope (à partir de 114 mm ou 150 mm de diamètre), la magie opère. Le cœur reste dense, mais on commence à « résoudre » (distinguer) les étoiles périphériques comme des têtes d’épingles lumineuses.
L’Amas du Scorpion – M4 ou NGC 6121 – Mag 7.1
Catalogué sous le nom de NGC 6121, M4 présente une particularité majeure : c’est l’un des amas globulaires les plus proches de la Terre, situé à « seulement » 7 200 années-lumière.
D’un diamètre de 70 années-lumière, il abrite plus de 100 000 étoiles. Sa proximité en fait une cible de choix, affichant une belle magnitude de 7.1.
- Le saviez-vous ? Cet amas a été le théâtre d’une découverte incroyable. Les astronomes y ont détecté une exoplanète deux fois plus massive que Jupiter, orbitant autour d’un couple d’étoiles mourantes (une naine blanche et un pulsar). C’est l’une des plus vieilles planètes connues !
Pour clôturer en beauté notre voyage parmi ces monstres stellaires, je vous propose de plonger au cœur de M4 grâce à cette magnifique animation vidéo de la NASA :
Bienvenue dans le monde fascinant de l’astronomie et des amas stellaires !
Article publié le 31 mai 2018
Dernière mise à jour le 1 juin 2026


