Casse-tête astronomique, comment choisir mes oculaires ?

Après quelques mois d’hibernation, je reviens avec ce nouvel article et surtout avec plein d’énergie !

Aujourd’hui, je vous propose un guide qui vous permettra de répondre à vos diverses interrogations concernant le choix d’un oculaire.

Et il est vrai que ce choix n’est pas simple ! Il existe des dizaines et des dizaines de modèles dans différentes marques avec des prix allant du simple au double.

Je suis persuadé que vous vous êtes déjà retrouvé face à ce type de choix et vous êtes alors senti complètement désarmé.

Comme vous le verrez au travers de cet article, le choix d’un oculaire repose sur quelques concepts qu’il faut bien appréhender mais rien de plus.

En revanche, je ne vous promets pas de vous épargner quelques formules; mais vous constaterez qu’elles sont simples et plutôt intuitives.

Êtes-vous prêt à me suivre ? C’est parti !

Exemple d’une valise d’accessoire Orion comprenant 5 oculaires (Crédits : astroshop)

Pour une meilleure navigation, voici la table des matières de cet article :

Table des matières

Pour commencer, qu’est-ce qu’un oculaire ?

Que vous disposiez d’un instrument de type réflecteur ou réfracteur, vous captez la lumière provenant d’une petite partie du ciel. Cette lumière est redirigée au travers de votre instrument et arrive jusqu’au porte-oculaire.

C’est là que votre oculaire entre en jeu.

L’oculaire exploite la lumière en sortie de votre instrument d’observation. Il convertira ces rayons de lumière en une image.

Si vous comprenez ce principe, vous venez de faire un grand pas en avant! En effet, la suite de cet article ne fait que vous donner des explications sur la manière dont vous modifiez les rayons lumineux en fonction de certaines caractéristiques de l’oculaire.

Certains pensent qu’un oculaire permet d’améliorer l’image. C’est en réalité faux. La lumière arrive au niveau de l’oculaire après avoir été captée par votre instrument (par exemple les miroirs du télescope). Si les éléments optiques génèrent des aberrations en amont, on les retrouvera par la suite même si l’oculaire est d’excellente qualité.

Sachez également qu’un oculaire est interchangeable. C’est donc un élément que vous allez pouvoir faire varier sur votre instrument.

Lorsque vous avez acheté votre instrument, vous aviez certainement quelques oculaires livrés en même temps. Sachez cependant qu’en général ces oculaires ne sont pas de très bonne qualité.

En effet, les constructeurs, pour tirer les prix à la baisse, on tendance à livrer des oculaires d’entrée de gamme.

D’où le besoin de devoir aller chercher des modèles plus performants. Il est donc important de choisir un bon oculaire !

Allez, quelques calculs !

Pour la suite de cet article, je vous propose de noter les différentes grandeurs de votre instrument de la manière suivante :

  • F : La longueur focale de votre instrument (mm)
  • D : Le diamètre de votre instrument (mm)

Le diamètre de l’oculaire

La majorité des oculaires disposent d’un coulant de 1.25 pouces c’est à dire 31.75 mm de diamètre. C’est la taille la plus répandue.

Il existe également des oculaires au coulant de 2 pouces (50.8mm) associés à des appareils plus gros.

Plus rarement, vous pourrez trouver des oculaires au coulant de 3 pouces (76.2mm).

Normalement, un seul diamètre d’oculaire convient à votre instrument. Sachez qu’il existe tout de même des bagues d’adaptation.

La focale de l’oculaire

Ce paramètre est essentiel car le grossissement en dépend entièrement. Il s’exprime en millimètres.

Le grossissement(G) se calcule en divisant la longueur focale de votre instrument par celle de l’oculaire (f) :

G = F/f

Par exemple, si je possède un télescope Newton 150/750 et un oculaire de 20mm, j’ai un grossissement de 750/20 = 37.5.

Il faut donc comprendre qu’avec ce système je vais grossir 37.5 fois ! Vous voyez, c’est simple !

Le champ apparent

A chaque oculaire, le constructeur associe ce que l’on appelle un champ apparent. Il s’exprime en degrés.

Il s’agit tout simplement du champ au travers duquel l’image finale pourra être perçue.

Considérez simplement qu’un oculaire permet de transformer une image virtuelle vers une image finale réelle. Cet oculaire transforme alors un champ d’entrée vers un champ de sortie que l’on appelle champ apparent.

D’ailleurs, ce champ d’entrée est limité par le diaphragme même de l’oculaire.

Ainsi, votre oculaire peut avoir un champ de 62°, de 68°, de 110°…

Une fois que vous avez choisi un oculaire, vous pouvez alors calculer ce que l’on appelle le champ réel. Il s’agit du champ réellement observé dans le ciel.

Champ réel = Champ apparent / Grossissement = Champ apparent * f / F

Cette formule permet de représenter le lien qui existe entre l’oculaire et l’instrument.

Par exemple, on voit que pour un même champ réel final, on peut choisir 2 oculaires avec 2 focales différentes.

Le relief d’œil (eye relief)

Cette caractéristique est fournie par le fabricant de l’oculaire.

Le relief d’œil est la distance à laquelle l’astronome doit placer son œil de l’oculaire pour obtenir une image optimale.

Des oculaires avec dégagement d’œil faible sont en général moins confortables. Certaines personnes portant des lunettes privilégient des dégagements importants. A vous de juger en fonction du confort d’observation.

La pupille de sortie

Cette caractéristique ne sera pas visible dans les catalogues ou sur les sites que vous consulterez. Ce sera néanmoins une grandeur essentielle de comparaison.

La pupille de sortie représente le diamètre du faisceau de lumière qui sortira de l’oculaire.

Pupille de sortie = D / G = D * f / F.

Attention, il ne s’agit pas forcément de choisir le montage avec la pupille de sortie la plus forte. En effet, l’œil humain a sa limite : entre 5 et 7 mm (et ça diminue avec l’âge).

Au final, que dois-je choisir ?

Comme vous l’aurez compris, les différentes caractéristiques ci-dessus permettent de composer des choix qui s’adapteront à vos différentes observations.

Voici ci-dessous une liste de grossissements que vous pouvez choisir en fonction des tailles de pupilles de sortie (maintenant que vous maîtrisez):

  • G (pour « Grossissement » )minimum: pupille = 5 mm : f = 5 x F / D
  • Gmoyen : pupille = 3 mm : f = 3 x F / D
  • Gcourant: pupille = 2 mm : f = 2 x F / D
  • Grésolvant : pupille = 1 mm : f = 1 x F / D
  • Gfort : pupille = 0.75 mm : f = 0.75 x F / D

Idéalement, il faudrait qu’un oculaire soit adapté à une observation. Cependant, il n’est pas nécessaire pour de posséder tous les oculaires !

Depuis le début, il y a un paramètre dont je ne vous ai pas parlé qui est le budget. Pourtant, c’est un élément crucial!

Sachez que de manière générale, le champ apparent est un paramètre assez coûteux. De même, une conception simple (avec peu de lentilles) sera moins onéreuse qu’une conception plus complexe.

Ensuite, soyez également attentif au poids de l’oculaire et à son encombrement.

Pour compléter votre gamme d’oculaire, je vous recommande de vous procurer ce que l’on appelle une « barlow ». Cet accessoire permet de multiplier le nombre de grossissements possibles :


Lentille de Barlow TeleVue 2,5x Powermate 1,25

Sachez également qu’il existe des oculaires zoom :


TS Optics Oculaire zoom 7-21mm, diam. 31,75mm (1,25

Leur avantage, c’est de mettre à disposition une grande plage de focales. Enfin, sachez que leur champ apparent est souvent réduit (50°) et qu’ils donneront en général un résultat moins bon que l’équivalent en focale fixe.

Simulez !

Mon grand conseil, c’est de simuler ! Si vous n’êtes pas sûrs de vous, exploitez au maximum des outils comme Stellarium pour simuler ce que vous verriez avec tel ou tel oculaire.

Avec ce logiciel, vous avez la possibilité de déclarer votre instrument (Newton 150/750 dans mon cas) et de simuler un oculaire sur tous les objets du ciel.

Cas d’un oculaire de 26mm et 52°




Oculaire de 14mm et 50° => le grossissement est plus important
Oculaire de 31mm et 82° de champ apparent => on voit le voisinage de la Lune

Ma conclusion, ma sélection

Comme vous l’avez vu, le choix des oculaires repose tout d’abord sur 3 caractéristiques essentielles : son diamètre, sa focale et son champ apparent.

En plus de ces caractéristiques, les notions de grossissement et de pupille de sortie vous aideront à mener votre choix.

Pensez donc à effectuer quelques calculs ou à utiliser des outils de simulation pour guider votre choix !


Voici ci-dessous une liste de produits que je peux vous recommander et correspondant à différents types d’observation.

Omegon Oculaire SWA (super grand-angle) 32 mm, coulant 50,8 mm

Cet oculaire, de focale 32mm est un oculaire grand champ de 70°. Il a un prix abordable et permet de profiter d’un certain confort visuel.


TeleVue Nagler - Oculaire 7 mm, type 6 - coulant 31,75 mm

Voici un exemple modèle d’oculaire de type Nagler. C’est un oculaire de 7 mm de type grand champ (82°) d’excellente qualité. Ce modèle est plus onéreux que le modèle précédent.


TeleVue Oculaires Plössl 20mm 1,25

Pour des observations classiques, les oculaires de type Plössl présentent en général un champ de 50°. Ils ont un bon rapport qualité/prix.


Vous disposez maintenant de tous les éléments pour faire vos choix, lancez-vous, pratiquez les oculaires et faîtes-moi part de vos observations !

Dernière mise à jour le 5 juin 2024

2 réflexions sur “Casse-tête astronomique, comment choisir mes oculaires ?”

  1. bonjour j’ai un telescope celestron starsense 127 az
    127/1000 quel oculaire puige prendre pour voir les nebuleuses
    merci de votre aide
    cordialement
    ps vos explication sont bien rediger et facile a comprendre

    1. Bonjour,

      Merci pour vos encouragements. Je vous conseille un oculaire à grossissement faible/moyen. Ensuite, cela dépend de ceux que vous possédez déjà. Le mieux est de compléter votre gamme. Compte-tenu des caractéristiques de votre instrument, un oculaire de 12mm serait par exemple intéressant.

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